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Mercato | Serie A | Pisté par le PSG, "Kvara" est retombé sur terre avec le Napoli
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Publié 10/05/2024 à 23:46 GMT+2
Pisté par le PSG pour l'après-Mbappé, Khvicha Kvaratskhelia a connu une grosse baisse de régime avec le Napoli cette saison. Grand protagoniste du Scudetto 2022-2023, l'international géorgien n'est pas parvenu à surmonter des problématiques collectives comme individuelles, en plus d'une prolongation de contrat promise mais jamais signée.
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Il y a un peu plus d'un an (le 31 mars 2023, pour être précis), Armando et Clara, un couple de tifosi du Napoli, se retrouvaient propulser dans l'actualité locale... puis nationale. Aux anges à l'aube d'un Scudetto qui ne pouvait plus échapper à leur équipe, ils décidaient, d'un commun accord, de rendre hommage à l'un des grands protagonistes du titre de l'équipe alors entraînée par Luciano Spalletti : Khvicha Kvaratskhelia. Comment ? En nommant leur enfant Daniele, Kvicha, tout simplement.
"C'est le premier enfant à s'appeler comme ça ici", se félicitait papa Armando, qui porte l'un des deux prénoms d'un célèbre joueur argentin passé par la ville du Vésuve... Mais depuis ce jour béni de fin mars, le monde a bien changé à Naples. Si le petit "Kvara" a grandi et soufflé sa première bougie, le grand, lui, a connu bien des difficultés. Son équipe aussi, d'ailleurs, seulement huitième avant le match face à Bologne (18h) ce samedi au Stade Diego Armando Maradona.
Trois entraîneurs (Garcia, Mazzarri et Calzona), des résultats catastrophiques (12 défaites en championnat, humiliation 4-0 contre Frosinone en 8e de Coupe d'Italie...), des tifosi qui grondent et un président (Aurelio De Laurentiis) seul contre tous après une série de mauvais choix : l'énorme fête s'est transformée en grosse gueule de bois. Et dans ce contexte compliqué, Kvaratskhelia a lui aussi sombré pour sa deuxième saison napolitaine.
Est-il victime du contexte, ou a-t-il tout simplement surperformé la saison dernière, couronnée par 14 buts et 17 passes décisives et le trophée de meilleur joueur de la saison ? La vérité se trouve certainement à la croisée des chemins. "Kvara" pourra toujours prétexter les turbulences de cet exercice pour justifier un rendement en baisse. Mais il est vrai, aussi, que lui n'y a pas vraiment mis du sien pour extraire son équipe des limbes. Ses coéquipiers non plus.
Il a perdu de sa légèreté
"Même s'il a été l'un des grands artisans du titre, Kvara avait déjà connu des difficultés et une grosse disette la saison passée", rappelait récemment La Gazzetta dello Sport à propos de l'ancien joueur du Lokomotiv Moscou et Dinamo Batoumi. A l'époque, Luciano Spalletti n'hésitait pas à le sortir au cours de certains matches (17 remplacements au total), mais dans un souci d'économie et de gestion. Le désormais sélectionneur de l'Italie voulait préserver son plus grand talent.
Aujourd'hui, la donne a quelque peu changé, puisque ses sorties relèvent plutôt d'un manque de performance. "C'est évident que quelque chose ne va pas si, pour gagner, tu dois sortir le joueur qui a le plus de talent", soulignait encore le quotidien rose. Des hauts, pas mal de bas, quelques grincements des dents en sortant du terrain (Rudi Garcia peut en témoigner) : la saison du Géorgien n'aura jamais vraiment décollé. Son compteur affiche 10 buts et 9 passes décisives toutes compétitions confondues à trois matches de la fin de saison.
Pour certains, le numéro 77 napolitain, souvent tête basse, a perdu de sa légèreté, celle qui lui permettait de fixer et éliminer son adversaire avec sa magie naturelle. Pour d'autres, il souffre surtout d'un contexte collectif défaillant et des humeurs de la saison napolitaine, bercée par les critiques et les sifflets. Comme si note salée de l'addition lui revenait en premier. "Avec Spalletti, il faisait la différence dans les 30 derniers mètres, se souvenait la Gazzetta dello Sport fin février. Maintenant, il est contraint de frapper désespérément de loin, car c'est le seul à prendre la responsabilité de faire quelque chose. Même en prenant le risque de rater et faire mauvaise figure." "L'année dernière, c'était un martien. Cette saison, il est tout simplement redescendu sur terre", résumait l'ancien joueur du club Raffaele Ametrano à "one football club".
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Khvicha Kvaratskhelia.
Crédit: Getty Images
L'avis de Luciano Spalletti tout ça ? "Parfois, certains joueurs ont besoin d'être confortés, répondait-il au Corriere della Sera vendredi. Ils doivent se convaincre qu'ils sont forts. Il suffit d'un rien pour se démotiver. Des joueurs comme lui, ça se cultive, ça se défend et ça se défend chaque jour. Que s'est-il passé à Naples ? Trois entraîneurs en une saison, alors que normalement, c'est en cinq ans. Comment faire assimiler des choses en quelques mois à des hommes qui ont des méthodes et des caractères différents ?"
Lui aussi passé par le Napoli, Valon Behrami estime lui aussi que "Kvara" a bien des circonstances atténuantes cette saison. "Des joueurs comme lui et Osimhen devraient partir, lâchait celui qui est désormais consultant sur la chaîne DAZN. Ils ont fait quelque chose d'historique, puis ils ont vu une mécanique parfaite se détruire avec le départ du coach puis du directeur sportif (Cristiano Giuntoli à la Juve, ndlr)." Si l'international nigérian est certain de faire ses valises en fin de saison, du moins à la condition sine qua none de voir un club payer le montant de sa clause libératoire (120 millions d'euros), en est-il de même avec son coéquipier géorgien ? Pas certain.
Le PSG à l'affût, mais...
En France, un intérêt du PSG a été révélé ces derniers jours par nos confrères de RMC Sport, faisant même office de discussions entre les dirigeants parisiens, en quête du successeur de Kylian Mbappé, et l'entourage du joueur. Pourtant, de l'autre côté des Alpes, on évoque toujours la possibilité d'une prolongation de contrat, comme confirmé à de multiples reprises par son agent Mamuka Jugeli. Sans pour autant boucler quoique ce soit. Actuellement, "Kvara" touche toujours un salaire de 1,4 millions d'euros (bonus inclus). Trop peu pour la dimension prise depuis son arrivée. La requête de son entourage selon les médias transalpins : 5 millions nets d'euros + bonus jusqu'en 2028. Et les rumeurs concernant le PSG mais aussi le Barça mettent la pression sur la direction napolitaine, qui "souhaite faire de Kvara une pierre angulaire de son futur projet", affirmait le quotidien napolitain Il Mattino ces dernières semaines.
Selon La Gazzetta dello Sport, Mamuka Jugeli a effectué un bref passage à Naples entre fin avril et début mai. Entre ses mains, notamment, une offre du club catalan. "Kvara veut un contrat digne d'un 'top player', ce qui est normal pour un joueur passé de quasi inconnu à 17e du dernier classement du Ballon d'Or", pouvait-on lire dans les colonnes du quotidien. "On parle avec le club, on verra la suite, avouait son agent début mars. Il partira si un autre club présente une offre que le Napoli ne pourra pas refuser." Soit aux alentours de 100 millions d'euros, probablement, étant donné l'âge du joueur et l'expiration de son contrat (2027). "Je ne peux pas parler d'une somme spécifique, c'est De Laurentiis qui tranche. Moi, je protège mon joueur et son contrat. Tout sera plus clair en mai prochain, ajoutait-il. " Voilà qui tombe bien, le mois d'avril est terminé depuis maintenant dix jours.
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Khvicha Kvaratskhelia
Crédit: Getty Images
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